À LA DÉFENSE DES GRANDS-PARENTS,
DES AÎNÉS ET DES FAMILLES
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Hommage Aînés 2007

Conférences Me Alain Roy
Me Alain Roy est professeur agrégé de la Faculté de droit de l'Université de Montréal et chercheur engagé dans la communauté. Il a prononcé deux conférences dans le cadre de colloques organisés par l'Association des grands-parents du Québec. Nous l’en remercions...

Voici le texte de sa conférence sur la problématique de l'adoption pour les grands-parents.

Chronique de Me Trudeau
Quoi faire lorsqu’un grand-parent se rend compte que sa petite-fille ou son petit-fils fera l’objet d’une décision prochaine de placement ou de continuité de placement en famille d’accueil ?

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Être grands-parents

Être grands-parents n'est pas chose facile par les temps qui courent. On ne peut plus se référer au bon vieux temps où les enfants des familles nombreuses s'occupaient de ses vieux en les accueillant chez eux. Naturellement, les petits-enfants avaient accès à leurs grands-parents lors des visites des membres de la famille élargie.

Aujourd'hui, la famille élargie est beaucoup moins nombreuse. Qui plus est, les parents sont si occupés sur des horaires de travail de semaine et de fin de semaine, espaçant les visites familiales, sinon rendant impossible les rencontres avec les grands-parents, les enfants et les petits-enfants tous ensemble. Fini les soupers dominicaux à toutes les semaines comme dans la tradition.

Or, les grands-parents sont plus en santé, possèdent une vie plus active, sont dotés de moyens financiers supérieurs à ceux de la génération précédente. Ils se retrouvent dans une contradiction. Alors qu'ils peuvent établir des liens plus approfondis avec leurs enfants et leurs petits-enfants, ils se retrouvent au contraire avec moins de contacts qu'auparavant. Heureusement, ce tableau décrit ne correspond pas à tous les grands-parents. Il arrive que certains établissent des liens très proches avec leurs petits-enfants, et ce, bien souvent par nécessité. Ils peuvent servir de gardien à cause des occupations des parents et/ou jouer un rôle substitut suppléant aux difficultés personnelles des parents (toxicomanie, déficience mentale, maladie, limites financières, etc.). Autant de conditions permettant des contacts quotidiens des grands-parents à leurs petits-enfants.

Lorsque les liens entre les différentes générations (grands-parents, parents, enfants) se déroulent dans le respect de chacun, tous se trouvent enrichis par cette complicité. Chacun trouve sa place et satisfaction à ses besoins. Les parents se rapprochent de leurs propres parents et les petits-enfants prennent conscience de leur origine et de la tradition familiale. Ceci donnant une cohérence développementale transgénérationnelle riche et vivante à tous les membres de la famille.

Aux difficultés de la vie moderne s'ajoute la multiplicité des formes de famille telles que recomposées après la séparation des parents et le divorce, les familles monoparentales et enfin les familles homosexuelles. Autant de diversités demandant à chacun des membres de la famille de s'ajuster aux autres.

Cette multiplicité exige une adaptation de chacun, un apprentissage au devenir parent et grand-parent. Ces devenirs sont certes fondés sur le plaisir de tisser des relations avec les petits-enfants dans la bonne volonté de trouver des façons de faire nouvelles, mais il y a aussi des pièges comme en font foi les nombreux recours en justice des grands-parents afin de faire valoir leurs droits à l'égard de l'accès auprès de leurs petits-enfants. Ce qui pour la génération précédente de grands-parents était chose naturelle, il arrive que les conflits entre grands-parents et parents soient tels que ces derniers interdisent les accès des enfants. Ces interdictions étant bien sûr la résultante de pièges qui se sont dressés sans que personne puisse les endiguer et les résoudre.
On entend tellement souvent les grands-parents dire « Ha! ma petite fille est le centre de ma vie pourtant, je n'arrive pas à comprendre que ma fille soit si ingrate » et les parents de dire « Ha! je n'arrive pas à comprendre que ma mère et ou mon père ne soient pas plus conscients que leurs façons de faire empoisonnent ma relation avec ma fille ». On peut se demander ce qu'ils défendent au-delà de l'intérêt de la petite. La réponse à cette question est complexe et demande certainement quelques entretiens écrits à venir avec vous, lecteur.

On peut tout de même dire que ce qui est derrière ces conflits est au-delà du fait que les grands-parents gâtent trop, dorment avec leurs petits-enfants, critiquent certains comportements éducatifs des parents, s'informent trop via l'enfant des difficultés de couple des parents, etc. On pourrait répertorier plusieurs pages de récriminations entre les parents et les grands-parents. Ce qui est en jeu derrière ces conflits donne lieu à une créativité débordante, révélatrice de l'importance de ce qui est à défendre au plan psychologique. À mon avis, ce qui jette un éclairage plus juste de la situation de conflit entre ces derniers relève de la nature des liens élaborés depuis la tendre enfance du parent avec ses propres parents, de quelle façon le futur père et la future mère ont été intégrés dans la famille. On pourrait dire qu'avant même la grossesse de l'enfant, il est possible d'évaluer si les liens grands-parents/parents/petits-enfants présentent un potentiel de rupture. Si vous voulez, regardons de plus près tout cela dans le prochain article.

Richard Langevin, psychologue